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Chez les stoïciens, avant les vidéo Epictète : Sénèque
Lettre 1 à Lucilius, version exclusive de seneque.info
epictete un stoicien manuel et entretiens

la vertu la sérénité les lamentations les gémissements...

les traités de Chrysippe
le livre I des Entretiens d'Épictête, un texte rédigé par Arrien.

Le Chapitre 4

Sur le progrès. Celui qui est en progrès se souvient qu'il a appris des philosophes que l'on ne désire que le bien, que l'on ne cherche à éviter que le mal; que de plus il n'y a de bonheur et de tranquillité pour l'homme, qu'à ne pas manquer ce qu'il désire, et à ne pas tomber dans ce qu'il veut éviter; il s'interdit donc, ou remet à plus tard, de désirer quoique ce soit, et il ne cherche à éviter que des choses qui relèvent de son libre arbitre. Il sait, en effet, que s'il cherche à éviter des choses qui ne relèvent pas de son libre arbitre, il tombera forcément sur quelqu'un des objets qu'il veut éviter, et sera malheureux. Or, si la vertu peut se vanter de donner le bonheur, le calme et le repos de l'esprit, chaque pas que l'on fait vers elle, est un pas fait vers chacun d'entre eux; car chaque pas que l'on fait sur une route, vous rapproche forcément de ce qui est au terme de cette route.
Comment donc, quand nous avouons que c'est là qu'est la vertu, pouvons-nous chercher le progrès ailleurs, et enseigner qu'il y est? Quel est le fait de la vertu? De donner le calme de l'âme. Qui donc est en progrès? Est-ce celui qui a lu plusieurs traités de Chrysippe? La vertu consisterait-elle donc à connaître tout Chrysippe? si cela était, en effet, le progrès consisterait évidemment à connaître tous les traités de Chrysippe. Mais, aujourd'hui, tandis que nous reconnaissons que la vertu a certains effets, nous présentons d'une tout autre façon le progrès qui nous en rapproche. Celui-ci, dit-on, peut déjà lire Chrysippe sans aide! — Par tous les dieux, mon cher, combien tu as fait de progrès! Quels progrès donc a-t-il faits? Pourquoi te jouer de lui? Pourquoi lui enlever le sentiment de ses maux? Ne lui apprendras-tu pas de préférence quel est le fait de la vertu, pour qu'il sache où chercher le progrès? Malheureux, cherche le progrès dans ce qui est ton fait à toi. Qu'est-ce qui est donc ton fait? Ton fait, c'est de désirer les choses ou de les fuir, de manière à ne pas les manquer ou à ne pas y tomber ; c'est de t'y porter ou de les repousser, de manière à ne pas pécher; c'est d'affirmer ou de douter, de manière à ne pas te tromper. Le premier de ces trois points est le plus important et le plus nécessaire; mais si c'est en tremblant et en gémissant que tu cherches à ne pas tomber dans certaines choses, comment donc es-tu en progrès? Montre-moi donc ici tes progrès. Si je disais à un Athlète, Montre-moi tes épaules, et qu'il me répondît: Voici les plombs dont je me sers. — Va-t'en voir ailleurs avec ces plombs, lui dirais-je. Ce que je veux voir, c'est le parti que tu sais en tirer. Toi de même, tu me dis : Prends ce livre sur la volonté, et vois comme je l'ai lu. — Esclave, ce n'est pas là ce que je cherche, mais ta façon de te porter vers les choses ou de les repousser, de les désirer et de les avoir en horreur, comment tu t'appliques, quel est ton but et quels sont tes préparatifs, si tu te conformes à la nature ou non. Si tu t'y conformes, montrer le moi, et je te dirai que tu fais des progrès : mais si tu ne t'y conformes pas, vas-t-en, et ne commente pas seulement des livres, mais écris-en de pareils; et que peux-tu y gagner ? Ne sais-tu pas que le livre entier coûte seulement cinq deniers ? Alors son commentateur croit-il valoir plus de cinq deniers ? Ne recherchez donc jamais l'oeuvre dans un endroit, et le progrès dans un autre. Où est alors le progrès ? C'est celui qui se retirant des choses extérieures, se tourne vers sa propre volonté pour la cultiver et l'améliorer par le travail, pour la rendre conforme à la nature, l'élever, la libérer des obstacles et des difficultés, la rendre fidèle et modeste ; et celui qui a appris qu'en désirant ou en évitant les choses qui ne sont pas en son pouvoir, il ne saurait ni être fidèle ni être libre, mais qu'il doit changer avec elles et être emporté dans les airs avec elles comme dans une tempête, qu'il doit se soumettre aux autres qui ont le pouvoir d'obtenir ou d'empêcher ce qu'il désire ; en conclusion, celui qui se lève le matin, qui observe et garde ces règles, qui se baigne honnêtement, qui mange comme un homme modeste ; qui dans chaque occasion qui se présente essaie de suivre ces principes comme le coureur le fait en temps que coureur, et le chanteur comme chanteur ; c'est l'homme qui accomplit vraiment un progrès, et c'est l'homme qui n'a pas voyagé en vain. Mais s'il tend tous ses efforts à pratiquer uniquement la lecture, et ne fait que cela, et s'il voyage uniquement pour cela, je lui dis de rentrer chez lui immédiatement, et de ne pas négliger ses affaires là ; son voyage ne servait à rien. Mais l'important pour lui c'est d'apprendre comment un homme peut débarrasser sa vie des lamentations et des gémissements, des "je m'ennuie" et des "malheureux que je suis", et comment il peut se débarrasser également du malheur et des échecs, et d'apprendre ce qu'est la mort, l'exil, la prison et le poison, de pouvoir dire quand il est dans des chaînes, "cher Criton, si c'est la volonté des dieux qu'il en soit ainsi, qu'il en soit ainsi !" et ne pas dire "Malheureux ! vieil homme que je suis; est-ce pour cela que j'ai gardé mes poils gris ?" Qui parle ainsi ? Pensez-vous que je vais dire que c'est un homme sans réputation et de basse extraction? N'est-ce pas Priam qui le dit ? N'est-ce pas Oedipe ? Non ! tous les rois le disent ! Les tragédies ne sont-elles pas la représentation des perturbations d'hommes qui s'étonnent devant des choses extérieures selon la valeur qu'ils leur donnent ? Mais si un homme doit apprendre par erreur que les choses extérieurs qui sont indépendantes de la volonté ne nous concernent pas, pour ma part je devrais aimer cette erreur, grâce à laquelle je pourrais vivre heureux et calme. Mais vous devez voir pour vous-mêmes ce que vous souhaitez. Mais qu'est-ce que Chrysippe nous enseigne-t-il ? La réponse c'est : savoir que ces choses ne sont pas fausses, c'est de là que surgit le bonheur et la tranquilité. Prenez mes livres, et vous apprendrez comment vraies et conformes à la nature sont les choses qui me rendent libre de tout trouble. Ô grande et bonne fortune ! Ô le grand bienfaiteur qui nous montre le chemin. Triptolème, parce qu'il leur a donné une nourriture plus douce ; et celui qui a trouvé, mis en lumière, et produit devant tous les hommes la vérité, non pas sur les moyens de vivre, mais sur les moyens de vivre heureux, est-il quelqu'un de vous qui lui ait construit un autel ou un temple, qui lui ait élevé une statue ou qui remercie Dieu à cause de lui? Quoi! pour le don de la vigne ou du froment, nous offrons des sacrifices de reconnaissance ; et, quand-on a déposé dans notre intelligence un fruit d'où devait sortir la démonstration de la vérité au sujet du bonheur, nous n'en rendrons aucune action de grâce à Dieu!



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