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Chez les stoïciens, avant les vidéo Epictète : Sénèque
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consulter les oracles au début de notre ère

Suivre le précepte de Socrate
Comment il faut consulter les oracles ?


La division XXXII

1 : Quand tu as recours à la divination, souviens-toi que, puisque tu es venu trouver le devin pour qu'il te l'apprenne, tu ignores ce qui doit arriver. Mais une fois l'événement prévu, pour ce qui est de sa nature, tu la connais si tu es vraiment philosophe : s'il s'agit de quelque chose qui ne dépend pas de nous, ce ne saurait être ni un bien, ni un mal.

2 : Donc, quand tu vas voir un devin, laisse derrière toi désirs et aversions, ne t'avance pas en tremblant mais en homme pénétré de cette vérité que tout ce qui peut arriver est indifférent et ne te concerne en rien. Alors, quel que soit l'événement, tu seras en mesure d'y faire face comme il convient et sans que personne ne puisse t'en empêcher. Donc, n'aie pas peur, va vers les dieux comme on va demander un conseil. Pour le reste, une fois le conseil reçu, note bien qui était ton conseiller ; note à qui tu désobéirais si tu t'écartais de son avis.

3 : Suis le précepte de Socrate : ne recours à la divination qu'en des circonstances où tout porte sur l'issue d'un événement, quand ni le raisonnement, ni aucun art d'une autre sorte ne peuvent plus t'être d'aucun secours pour connaître ce qui t'attend. Par conséquent, s'il te faut risquer a vie pour un ami ou pour la patrie, ne demande pas au devin si tu dois le faire : s'il t'annonçait que les présages sont mauvais, il est clair que cela signifierait la mort, ou une quelconque mutilation, ou encore l'exil ; ici, la raison commande, même dans ces circonstances, de prêter secours à son ami et de risquer sa vie pour la patrie. Pense au plus grand des devins, l'oracle de Delphes, qui jeta hors du temple l'homme qui avait choisi de ne pas secourir son ami.


OU

1. Quand tu as recours à la divination, souviens-toi que, si tu ne sais pas quel sera l’événement, puisque tu viens auprès du devin pour l’apprendre, tu sais, avant de venir, de quelle nature sera cet événement, si du moins tu es philosophe. Si c’est quelque chose qui ne dépend pas de nous, il faut de toute nécessité qu’il ne soit ni bon ni mauvais.

2. N’aie donc, en te présentant au devin, ni désir ni aversion ; ne tremble pas en approchant, sois convaincu que l’évènement quelconque qui sera annoncé est chose neutre qui ne te regarde pas, que, quel qu’il puisse être, il sera possible d’en tirer un bon parti, sans que personne au monde t’en empêche. Aie donc confiance en recourant aux conseils des dieux ; et quand tu auras reçu ces conseils, il ne te restera plus qu’à ne pas oublier quels sont ceux qui te les ont donnés et à qui tu désobéirais, si tu ne les suivais pas.

3. Maintenant ne consulte les devins, comme le voulait Socrate, que sur les choses où tout se rapporte à l’issue, et pour lesquelles il n’y a ni raisonnement ni art quelconque qui donne le moyen de connaître ce qu’on veut savoir ; ainsi, quand il faut se risquer pour un ami ou pour sa patrie, il ne faut pas demander au devin s’il faut se risquer. En effet, si le devin te déclare que l’état des entrailles de la victime n’est pas favorable, il est évident que cela présage ou la mort ou une mutilation en quelque partie du corps ou l’exil, mais la raison prescrit, même avec cette perspective, de venir au secours d’un ami et de se risquer pour sa patrie. Obéis donc au plus grand devin, à Apollon Pythien, qui chassa du temple celui qui n’était pas venu au secours de son ami, qu’on assassinait.



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