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Chez les stoïciens, avant les vidéo Epictète : Sénèque
Lettre 1 à Lucilius, version exclusive de seneque.info
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honneurs inutiles à celui qui veut servir sa patrie et ses amis

Si tu désires être philosophe - dans le manuel Epictète division XXIV
Les honneurs sont inutiles à celui qui veut servir sa patrie et ses amis

La division XXIV

1 : Ne t’afflige pas par des raisonnements comme : « Je vivrai sans considération et je ne serai rien nulle part. » Si le manque de considération est un mal, tu ne peux souffrir de mal par le fait d’autrui, non plus que de honte. Est-ce que c’est quelque chose qui dépend de toi, que d’obtenir une charge ou d’être invité à un grand repas ? nullement. Comment est-ce donc une humiliation ? Comment ne seras-tu rien nulle part, toi qui ne dois être quelque chose que dans ce qui dépend de toi, là où tu peux avoir le plus grand mérite ?

2. Mais tu ne viendras pas en aide à tes amis. Qu’est-ce que tu dis là, ne pas venir en aide ? Tu ne leur donneras pas de monnaie ? Tu ne les feras pas citoyens romains ? Et qui donc t’a dit que ce sont là des choses qui dépendent de nous, et non d’autrui ? Qui est-ce qui peut donner à un autre ce qu’il n’a pas lui-même ? « Acquiers, » dira l’un d’eux, «pour que nous ayons. »

3. Si je puis acquérir en restant discret, sois magnanime, montre-moi le moyen, et j’acquerrai. Si vous exigez que je perde les biens qui me sont propres pour vous acquérir ce qui n’est pas un bien, voyez vous-mêmes comme vous êtes injustes et déraisonnables. Et que préférez-vous donc ? de l’argent ou un ami loyal et réservé ? Aidez-moi donc plutôt à acquérir ce bien-là, et n’exigez pas que je fasse ce qui me le fera perdre.

4. « Mais, » dira quelqu’un, « ma patrie, je ne lui viendrai pas en aide, autant qu’il est en moi. » Encore une fois, quelle aide ? Elle ne te devra pas de portiques, de bains ? Et qu’est-ce que cela ? Tes concitoyens ne sont pas non plus chaussés par l’armurier, ni armés par le cordonnier ; il suffit que chacun remplisse sa tâche. Si tu procurais à ta patrie quelque autre citoyen loyal et réservé, ne lui aurais-tu rendu aucun service ? — « C’est vrai. » — Eh bien ! alors, tu ne lui seras pas non plus inutile.

5. « Quelle place aurai-je donc dans l’État ? » — Celle que tu peux avoir en restant homme loyal et réservé. Mais si pour venir en aide à ta patrie, tu perds ces biens, de quelle utilité peux-tu lui être quand tu seras devenu impudent et déloyal ?

OU :


1 : Ne te laisse pas décourager par des réflexions du genre : « Je vais vivre sans honneur, je ne serai qu'un zéro. » Si vivre sans honneur est un mal, aucun mal ne peut t'arriver par la faute d'autrui ; rien de honteux non plus. Crois-tu qu'il dépende de tes efforts d'être tiré au sort comme magistrat, invité à un banquet ? Pas du tout. Alors, comment serait-ce un déshonneur de ne pas l'être ? Comment peux-tu dire que tu n'es qu'un zéro, puisque tu n'es tenu d'être quelque chose qu'au regard de ce qui dépend de nous (domaine où tu peux prétendre aux plus grands honneurs) ?

2 : Tes amis resteraient sans secours ? Comment cela ? Ils ne recevraient pas de tes mains leur petite pièce ? Tu ne les ferais pas nommer citoyens romains ? Qui te dit que ces choses-là dépendent de nous et nous regardent ? Qui peut donner à autrui ce qu'il n'a pas lui-même ? - Alors procure-le toi, dira-t-on, pour nous en faire profiter.

3 : Si je peux me le procurer sans déchoir à mes propres yeux, en restant loyal et sans bassesse, qu'on me montre le chemin, j'y vais. Mais si l'on veut que je perde mes biens propres pour vous procurer des choses qui ne sont pas des biens, considérez comme vous êtes injustes et ingrats. Et puis, qu'est-ce que vous aimez le mieux ? De l'argent ou un ami loyal et digne d'estime ? Aidez-moi à être tel au lieu de vouloir que j'agisse d'une façon qui me ferait cesser de l'être.

4 : « Mais, dis-tu, ma patrie resterait sans secours quand je pourrais l'aider. » Là encore, de quelle aide parles-tu ? Tu ne peux lui offrir ni thermes, ni portiques ? Et alors ? Le forgeron lui offre-t-il des chaussures, le cordonnier des armes ? Il suffit à chacun d'accomplir sa tâche. En travaillant à fabriquer pour elle un citoyen de plus, plein de loyauté et de respect de soi, ne ferais-tu rien pour elle ? — Si fait. — Donc, tu peux, par toi-même, lui être utile.

5 : Quelle place aurai-je dans la cité ?-- Celle où tu pourras rester loyal et digne d'estime. Mais si, voulant servir la patrie, tu réduis à néant ces vertus, une fois perdus toute loyauté et tout respect de toi, quels services pourrais-tu lui rendre ?






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